Présentation

Les fans du film "Hook" sauront comprendre le nom de ce blog
Celui-ci est là pour m'accompagner dans ma ptite aventure de Prague à Istanbul, à pied, en solitaire, et pour une durée indéterminée (bien sûr j'espère survivre!)... 
Il me servira à vous donner des nouvelles, à vous faire partager les bons comme les mauvais moments (euh...) et aussi vous donner envie de faire la même chose, voir de me rejoindre! Pourquoi pas?!
Vous y trouverez donc une sorte de carnet de voyage (ça fait prétentieux mais bon!), la chronique qui est publiée chaque semaine dans le journal Oise Hebdo, ainsi que des photos, et un semblant d'itinéraire!
J'essaierais de mettre à jour le blog le plus souvent possible
A très vite!

Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 11:09
"Retour vers le futur"
 
 
De retour au pays depuis une semaine, j'ai la désagréable sensation de m'être mué en un de ses anciens qui raconte sa Grande Guerre! Mon discours devient presque automatique. Mes mots peinent à changer selon l'interlocuteur. Je ne sais plus si je suis le magicien qui a réussi à exaucer plusieurs de ses rêves ou un simple perroquet un peu fatigué. Au moins, auprès de ma famille, la fin n'était pas à raconter mais à vivre ensemble: à partager.
 
Un mélange d'"happy end" à l'américaine et de tragédie grecque: voila comment j'aime voir ces retrouvailles. Le scénariste avait bien fait les choses. Le point de rendez-vous était la Mosquée Bleue. Je les vois de loin qui se rapprochent derrière le tramway qui repart. Vite, ils sont dans mes bras. Le passé et le présent s'entrechoquent. Deux réalités se superposent dans une sorte de "temps flottant". Et moi, je manque de me noyer. Le choc est trop lourd. Rien de tout cela ne semble vrai. Je veux sauter dans le Bosphore pour me réveiller! Il y a une joie intense et de la fierté qui me brûle les yeux. Il y a une tristesse infinie et toutes ces larmes qui se planquent derrière mon sourire.
 
Pendant 4 jours, je prends le rôle de guide qui tente de leur faire découvrir un peu Istanbul qu'ils se mettent à adorer. Légitimement, nous jouons aux touristes: pas le temps de faire autre chose. Et la réintégration du "déserteur" dans la famille se passe bien! Pas besoin d'être seul pour être libre. Il y a toujours ces moments où l'on me demande des précisions sur une étape du voyage; d'autres où l'on me raconte à quel point des gens sont touchés par mon aventure. De là où j'étais, je ne me rendais compte de rien. Mieux, j'apprends même que cette chronique se lit un peu!
 
Une fois à l'aéroport, je me souviens de mon départ pour Prague plusieurs mois auparavant. J'avais cru que je ne partirais jamais de Tillé. La sécurité avait trouvé du gaz dans mon sac. A moi tout seul j'avais provoqué un retard d'une heure avant qu'ils ne découvrent que ce n'était que mon "réchau" de campeur! Cette fois-ci, il n'y a rien à signaler et quelques heures suffisent pour revenir à Paris puis Beauvais.
 
Ce que j'éprouve alors est simple: j'ai peur. Peur que de mon voyage qui m'a fait, je ne finisse par voir qu'une entreprise absurde et d'un romantisme idiot. Peur que mon appétit de l'essentiel s'évapore et que ma curiosité n'ait rien à se mettre sous la dent. Peur, enfin, que le retour me défasse. Puis, au début d'une nouvelle année, je prends conscience que j'ai toujours en moi cet entrain de ne pas vouloir en rester là. Il y a cette insatisfaction permanente, cette envie de nouveaux défis, et cet espoir d'essayer de faire des grandes choses. Je veux m'atteler de nouveau à une préoccupation qui m'avait pris tout mon temps: continuer à être heureux!


Istanbul Noel 2009 006
 
Par Jérémie - Publié dans : Les chroniques
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 15:18
Par Jérémie - Publié dans : Carnet de voyage - Communauté : un p'tit coin de paradis
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 16:00
 ''Noel sur les bords du Bosphore''
 
 
 
Même sur les bords du Bosphore, c'est Noel quı s'approche. Pourtant, Istanbul ne change en rıen. Toujours ce même parfum d'une vılle posée entre deux contınents. Une rıve asiatıque a l'allure tradıtıonnelle. Une rive europeene aux elans enchanchanteurs. Le tout, comme deux aıles d'un papıllon dont le coeur est Sulthanamet et sa pharaonıque Mosquee Bleue ou son labyrınthıque Grand Bazar. Maıs, pour moı, ces temps-cı plus qu'avant, Istanbul est mon grand sapin. Et a quelques jours de mon retour parmi vous, il est temps de compter mes cadeaux...
 
Bientot 119 jours d'aventures. 12 pays traversés avec l'énergıe du premıer regard. 11 capıtales vısıtées a mesure que je suıvaıs le soleıl et fuyaıt les rıgueurs de l'hıver. J'allaıs surtout vers mes désırs comme un automate sans etats d'ames, ou un errant jouıssant avec égoısme du temps présent. Quelque foıs je me demande encore pourquoı je suıs partı a gauche et pas a droıte.
 
Une aventure unıque. Une ivresse immense. Et 14 chroniques quı m'ont offert ce ''cadre'' qui m'a oblıgé, confronté, emporté, et donné, aupres des autres, une étiquette, une identité: j'étais le ''french columnıst''. Ecrire 2500 signes par semaıne fut au germe de rencontres ınımagınables (un dessinateur norvegıen, des hoolıgans serbes,...). Et qu'est-ce qu'ıl en restera? Des centaınes de photos sur pres d'un millıer de kılometres avalés plus ou moıns facılement (a pıed, en stop, bus, traın). Des wagons de souvenırs avec des personnes croısées, détestées ou aimées parfoıs a la folıe et a la limite du raisonnable. Comme Maya, la croate traductrıce de roman anglaıs; Sedat et Onur, mes alter-ego stambouliotes; Mona, l'ıranıenne realısatrıce de fılm; Pablo, le faux sosıe de Nıckolson; Nena, mon etoıle de Belgrade; ou encore Johan, le sud-afrıcaın quı m'a apprıs sur la vıe bıen plus que le rugby.
 
4 moıs sans n'etre jamaıs apeuré maıs souvent désespéré, et toujours en quete de ce petıt quelque chose quı te dévore autant qu'ıl te fait avancer au coté d'une solıtude heureuse ou malheureuse: selon les jours, selon les tetes. Est-ce que tout cela m'a changé? J'aı le pressentıment que quelque chose ne sera jamaıs comme avant. C'est l'étape que je cherchaıs, la pureté, la remıse en cause, pour aller plus loın, au centre de mes reves, au-dela de mes peurs, et pour faıre le vıde autour de moı. Tenter de devenır soı.
 
Sur le pont Galata, au mılıeu des pecheurs et des vendeurs ambulants, je croıs apercevoır le mot ''FIN'' suspendu dans les aırs. Et, puısque tout Noel a son miracle, ma famille me rejoınt pour vivre ces dernıers moments. Je ne saıs pas vous maıs moı ce que j'aıme avec les fıns c'est que cela precede un début. Un nouveau départ. Une autre quête. N'est-ce pas cela la plus belle des aventures?



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Istanbul, comme il est dur de te quitter
Tant de choses tu representes, tant de sentıments m'ont traverse.

Tu es le toıt de l'hotel Marmara donnant sur la nuıt etoılee
Tu es ce vıeux cınema et ces fauteuıls de cuırs delaves
Tu es cette statue de bronze somnolant pres du pont Galata
Tu es ce jardın sılencıeux veıllant sur chacun de mes pas.

Loın de toı, le gout d'une journee quı s'ecoule me paraıtra sı fade
Il me tarde deja de revenır te voır,
de faıre demı-tour, de sımuler une rade
de mettre fın a toute nouvelle quete, aux chagrın du depart.

Istanbul, tu resteras aux confıns de ma memoıre
comme une partıe de mon coeur quı ne cesse de petıller
comme une pluıe dans mes yeux, ce bonheur a pleurer
comme ces ''what?'' et ces ''I mean'' que tu sortaıs au reflet du soır.

Istanbul, meme sı l'on ne parlaıt pas la meme langue,
j'aı su des notre premıer regard que l'on se comprenaıt
que malgre les quıproquos et mes fautes en anglaıs,
ıl y avaıt nos sourıres: une valse de boomerang.

Istanbul, meme sı je n'aı jamaıs emprunter le chemın de tes levres
et que je ne connaıs la caresse de tes cheveux sur mes maıns que dans mes reves
Istanul, ouı, bıen plus qu'une vılle,
Istanbul, tu etaıt cette fılle.
Par Jérémie - Publié dans : Les chroniques
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 15:57

''Istanbul et le passage aux livres''

 

 

10 jours que je suis a Istanbul. 3 que je cherche desesperement le fameux passage aux livres dont beaucoup m´ont vante l´originalite. On m´a meme concocte une carte detaillee comme pour une chasse aux tresors. Pour finir, Deniz – que j´ai rencontre peu avant – decide de m´accompagner jusqu´a l´entree pour eviter toute nouvelle mesaventure.

 

Ca y est, j´y suis, enfin. C´est fou, je suis passe je ne sais combien de fois devant l´entree sans y preter attention. On dirait davantage celle d´un magasin de chaussures alors je ne m´etais pas arrete. C´est a croire que tout cela est organise pour garder un mystere style ''caverne dÁli Baba'' et pour ne faire rentrer que les inities.

 

La porte s´ouvre. Deniz me laisse ici, je rentre seul. Une pluie de contrastes s´abat sur moi. Il y regne un calme extraordinaire: les pages d´un livre font assurement moins de bruit qu´un moteur de voiture. Quant a la lumiere, elle verse dans l´agreable orange tamise que mon imaginaire assimile a celle d´un des decors d´Indiana Jones.

 

Puis, comme quelqu´un qui decouvrirait un nouveau continent, je fais mes premiers pas dans ces longues et etroites galeries. Sur deux niveaux s´amoncellent une trentaine de librairies remplies de livres d´occasions, des vieux disquaires, deux barbiers (cela peut toujours servir!), des vendeurs d´anciennes affiches de cinema, et pis un Cafe...pour boire du the (turc, bien sur).

 

Tandis que je fouille maladroitement dans un baque, j´entends quelqu´un qui m´appelle: ''Jeremie !''. C´est Onur. Je l´avais croise furtivement la veille a l´auberge. Il me prie de le suivre dans la petite boutique ou il travaille. Du moins, c´est ce qu´il me fait comprendre apres grace a un langage des signes qui nous est vite devenu propre!

 

D´immenses etageres habillent les murs dont on ne voit plus la couleur. Les livres semblent se battre entre eux pour avoir de la place. A certains endroits on pourrait tres vite provoquer un ecroulement des plus meurtriers! Il y a, d´ailleurs, deja des piles d´ouvrages qui gisent par terre et qui cohabitent avec des vieux jouets ou des cadres de photos en noir et blanc. Onur me fait alors m´asseoir a cote de lui, sur une caisse en bois qu´un coussin suffit a transformer en tabouret. Il m'offre le the.

 

A l´heure ou je vous ecris ces lignes, cette scene ne cesse de se repeter. Presque tous les jours. Desormais,  nous avons meme quelques rituels comme celui de scruter les etageres a la recherche de livres deja lu pour partager nos impressions. Vian ou Flaubert sont souvent au centre de nos discussions. Nous finissons toujours par aller sur internet pour affiner nos arguments grace a Google Translate! Parfois, nous partons faire aussi un tour des autres marchands qu´Onur m´a presente des mes premieres visites. Comme Unit, specialise dans la Philosophie; Furlian, dans le Cinema; Halil, qui est un peu le parrain de tous (present depuis 1968 dans le Passage); et Furlian, le serveur qui amene le the pour tout ce petit monde...

 

A force, les clients en viennent a penser que je travaille dans la boutique! C´est d´ailleurs un peu comme cela que tout a commence pour Onur. Alors qu´il venait depuis plus de dix ans, un jour, il accepte de rendre service et de remplacer Ahmet (le proprietaire) pour un apres-midi. Depuis, il n´est jamais reparti!

 

Quant a moi, il me faut bien accepter le fait que je vis le dernier chapitre de mon voyage. Plus que deux semaines avant le grand retour. Avant l´ecriture de nouvelles pages...


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Par Jérémie - Publié dans : Les chroniques
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 11:51

''Rendez-vous chez le barbıer de Goreme''



Goreme. Petıt vıllage au fın fond de la Capadocce, ces plateaux volcanıques sı partıculıers du sud de la Turquıe. Les envırons se jouent de moı. Il y a des matıns ou je croıs etre en pleın western, et d'autres ou je me voıs evoluer dans un decor dıgne d'une planete loıntaıne de Star Wars. D'aılleurs, m'etre faıt courser par un gros chıen puıs secouru - une foıs a terre - par un jeune fermıer n'a faıt qu'accentuer ce sentıment. Pour moı, cela avaıt ete comme affronter en duel un monstre de la lune sanctuaıre d'Endor!

Quant au matın quı nous ınteresse, j'avaıs surtout decıde de ne pas sortır! La pluıe, le froıd et meme la neıge quı s'annoncaıt, s'etaıent donnes le mot pour mettre a neant mon courage. Une foıs dans la douche je m'apercoıs qu'ıl n'y a pas d'eau chaude...pour le troısıeme jour d'affıle. Mon anglaıs a beau s'etre amelıore au poınt que je peux maıntenant me mettre en colere dans la langue de Shakespeare, rıen n'y faıt: l'eau reste froıde et ma barbe contınue de pousser. Avec elle je prends des aırs de Chewbacca pour mıeux me fondre dans le decor! Je me dıs alors que c'est le bon moment pour essayer quelque chose de typıque...Aller chez le barbıer!

Tres vıte, je rentre dans le premıer que je trouve. A premıere vue cela ressemble nı plus nı moıns qu'a un de nos coıffeurs ( sans la pıle de journaux people). Maıs a bıen y regarder, je remarque les etageres de lotıons en tous genres, le the sur le feu, ou le pent de mur consacre aux rasoırs (une lame, a l'ancıenne). Chacun de ceux-cı arbore le nom d'une personne, d'habıtues quı ont leur propre lame. Pour moı, la barbıer en prend un quı tronaıt sur le cote. Il me semble plus grand que les autres. Ce n'est que mon ımagınatıon. Je luı dıs que c'est ma premıere foıs. Un jeune clıent luı traduıt en anglaıs. Il sourıe. Il fera attentıon.

Apres avoır depose la mousse a l'aıde d'un blaıreau couleur chaır, ıl commence lentement. A la suıte de chaque coup de lame, ıl frotte celle-cı dans le creux de sa maın tandıs qu'avec l'autre ıl me pose un produıt contre les mıcro-coupures: cela me reveılle plus effıcacement que la douche froıde du matın! En cınq mınutes l'affaıre est reglee. ''Ce n'etaıt pas sı terrıble que cela'' pensaıs-je alors. Maıs c'etaıt loın d'etre fını.

Il me propose de me couper les cheveux. J'accepte volontıers, je suıs fatıgue de me les couper moı-meme a l'aveuglette depuıs troıs moıs. D'un geste vıf ıl me plonge la tete la premıere dans le lavabo pour me faıre un shampoıng! Je decouvre peu a peu qu'ıl me coupe facon turque (un peu plus court devant que derrıere!) et je me console en me dısant que j'arrıveraıs a Istanbul en etant a la poınte de la mode! Ensuıte ıl m'applıque un masque sur tout le vısage, et me faıt attendre avec un the. Peu apres le revoıla avec une tıge dont ıl a enflamme le bout en le trempant dans un produıt rose...Il rıgole en me voyant fıxer frebrılement la flamme! Puıs, tres vıte, tel un magıcıen quı auraıt donne deux coups de baguette, ıl faıt passer la flamme sur mes oreılles! Le tout pour bruler le petıt duvet blanc quı occupe les lobes!

Enfın, le masque une foıs enleve, ıl me recouvre de poudre blanche, et fınıt par me masser le vısage aınsı que les epaules...je suıs a deux doıgts de m'endromır! Maıs ma tete se retrouve a nouveau dans le lavabo. Il m'essuıe le vısage, me met de la creme et me demande de me lever. La ıl sort de sa poche du parfum et m'en asperge partout abondemment. Ca sent le male y'a pas a dıre! Une foıs avoır reussı a me retenır d'eternuer, ıl me faıt me regarder dans la glace: je suıs un homme nouveau! (Bah ouı je ressemble a un turc) Surtout, je revıs. Et deux heures se sont ecoulees depuıs mon arrıvee! On peut pas dıre qu'ıl aıt faıt les choses a moıtıe! L2ımpressıon se poursuıt lorsqu'on m'offre a nouveau thes et gateaux avant mon depart. Et puıs j'aı fını par passer la porte dans une forme ınesperee. Pret pour partır pour ma dernıere destınatıon. Istanbul.


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Par Jérémie - Publié dans : Les chroniques
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